Tannée d'être JUSTE belle

L’autre fois, je montrais des photos de moi à quelqu’un qui me demandais si c’était possible de prendre beaucoup de muscle même quand on part du stade « bras spaghetti ».

« Attends, minute! Je vais te montrer d’où MOI je partais! Je te confirme que c’est bel et bien possible! »

Je scroll donc dans mes archives (carrément!) Facebook pour dénicher un cliché datant de 2013, à mes tout débuts en entraînement.

  Sur la photo, à 15 ans, j'étais terrorisée par l'apparence de mes muscles...

Sur la photo, à 15 ans, j'étais terrorisée par l'apparence de mes muscles...

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est qu’ayant fait beaucoup de danse et de cheerleading étant jeune j’avais une silhouette assez musculaire vers l’âge de 15 ou 16 ans – apparence que je détestais. 
Mes muscles m’épouvantaient! Il faut se dire qu’à l’époque, lesrunway models Victoria Secret étaient reconnue pour être athlétiques et musculaires. C’était l’ère pré Instagram, le pré Fitspo et je n’avais personne à qui vraiment m’identifier avec ces épaules et ces quadriceps!

Fast foward en 2012, j’avais décidé de prendre mon problème en main et de devenir svelte et délicate. Je voulais être cute. Frêle. Comme une fille est « censée » l’être, selon ce qu’on dit. J’ai tenté de perdre du muscle en faisant bien attention de ne pas consommer de protéines (naiseuse!) et de faire uniquement du cardiovasculaire à basse intensité (double niaiseuse!). Le résultat : Un peu moins de muscle (mais toujours un peu plus athlétique que la moyenne, sans avoir vraiment essayé).

C’est là que j’ai été à l’apogée de ma délicatesse; j’étais une « belle fille » typique. Juste assez blonde et juste assez mince. Je correspondais exactement à ce à quoi j’étais censée ressembler. Quand les gens parleraient de moi, ils diraient que je suis belle. Voilà. Mission accomplie. Ou pas…

Revenons à la discussion que j’avais avec cette personne qui me demandais si c’était possible de partir de rien et de prendre du muscle. En lui montrant la dite photo de mon «point de départ », son commentaire – que je ne considère pas choquant, mais plutôt intriguant- s’est avéré être le suivant :
 

« -Wow! Tu étais belle avant! »

Une petite partie de moi a voulu se mettre à pleurer avant que je ne saisisse le double sens de sa phrase. Je ne crois pas qu’elle voulait dire qu’auparavant, sans mes muscles, j’étais plus belle que je le suis à présent. Je crois, au contraire, que le vrai sens de ses propos était qu’avant mes muscles, avant ma force, avant ma capacité à aider et inspirer des centaines de gens…j’étais « belle ». JUSTE belle.

Qu’est-ce qu’il y avait d’autre à dire sur moi? Rien du tout, puisque je misais uniquement sur cet atout. C’est tout ce que je présentais aux gens; une représentation de ce que je CROYAIS qu’ils voulaient voir.

Je dis souvent que l’entraînement fait grossir les muscles, mais réellement, c’est ton esprit qui croît le plus quand tu te pousses à tes limites physiques.  Comment j’ai débuté l’entraînement, au fait? Suite à une rupture, car même si j’étais une « belle fille », ça n’avait pas été suffisant pour capter et sceller l’intérêt de quelqu’un.

J’ai alors décidé de devenir plus. D’être plus que juste jolie. D’avoir tellement de force, tellement de ressources, tellement de passion à donner et à transmettre que plus jamais la première chose qui viendra en tête des gens qui parleront de mois sera de dire que je suis jolie.