Quelle femme ! Rencontre avec Émilie Morin, une superhéroïne qui joue sa meilleure carte : sa FORCE.

Puisque je pense que les femmes qui nous inspirent, qui nous poussent à nous sentir bien dans notre peau et à devenir une meilleure version de nous-même devraient être celles qu'on met de l'avant dans les médias, Barbelle a décidé de lancer une série en deux volets pour te faire découvrir de VRAIES sources de motivation en chair et en os.

Rencontre avec Émilie, une Powerlifteuse de niveau Canadien qui a décidé d'amorcer une transition vers les compétitions Strongman. Émilie s'entraîne jusqu'à 8 fois par semaine et a connu une acsension fulgurante dans son sport. Disons-le simplement : Mais, QUELLE FEMME !

Barbelle : Que dirais-tu aux gens qui sont surpris ou choqués par ta force.

Émilie : Je crois que c’est une question de génétique. J’ai toujours été forte. Il y a peu de gens qui le savent, mais je fais aussi du Crossfit. À mes débuts en Crossfit, il me fallait déployer un effort surhumain  et littéralement deux heures pour terminer mes entraînements cardiovasculaire, mais j’avais de la facilité avec tout ce qui touchait à la force brute comme les deadlifts et les squats. Auparavant, j’étais plus lourde, mais même en perdant du poids, j’ai continuer de prendre en force. À un point tel que quand j’ai mis les pieds aux championnats canadiens de Powerlifting, je me mesurais à des filles qui pratiquaient le sport depuis 6 ou 7 ans, tandis que moi, j’étais de calibre après 6 mois d’entrainement seulement. Quand tu choisis une discipline qui correspond à ton bagage génétique, tu évolues vite. 

 

Barbelle : Est-il difficile de faire du Powerlifting ou du Strongman  quand on est une femme? 

Émilie : En fait, depuis 3 ans, le pourcentage de femmes qui sont dans le circuit provincial en Ontario est passé de 5% à 60%. Au Québec, ça s’en vient aussi. Il y a une définitive hausse dans le nombre de femmes que ça intéresse. Je pense que c’est surtout à cause que les filles ont compris que c’était plus accessible qu’elles le pensaient : le Powerlifting et le Strongman fonctionnent par catégories de poids qui fait en sorte que tu compétitions contre des femmes du même gabarit de force que toi. Par exemple, il y a des catégories aussi bas que pour les filles pesant moins de 63 kg (x lbs) en Powerlifting. Je pense que c’est une question de temps avant que ces deux sports soit perçus de façon moins marginale et devienne plus attrayant pour toutes celles qui veulent se surpasser.

 

Barbelle : Quel est l’aspect de ton entraînement que tu considères le plus important?

Émilie : Je pense que la chose qui devrait trôner en haut de ta liste de priorités, c’est ta force…mentale. Les gens qui réussissent sont ceux qui ont un bon mental, et ça se travaille ça.  Il y a plein de techniques qu’on peut apprendre pour, par exemple, établir une stratégie en compétition : tu as 15 secondes pour finir un « lift », tu es épuisée, tu prends 5 secondes de bref repos et tu reprends ta tentative. Si c’est planifié, que tu l’as pratiqué, tu ne vas pas abandonner juste parce que tu as mal et que tu es fatiguée. La même technique peut s’employer au quotidien, quand tu dois faire preuve de discipline face à ta nutrition ou à tes séances d’entraînement. 

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Barbelle : Que dirais-tu aux femmes qui veulent essayer le Strongman ou le Powerlifting, mais qui ont peur de se blesser?

Émilie : Il faut comprendre que l’équipe de laquelle tu t’entoures fait une énorme différence. Il faut que tu sois prête à travailler avec un ou plusieurs coachs pour vraiment apprendre les techniques, te perfectionner et éventuellement te préparer sérieusement pour une compétition. C’est un préjugé de croire que de soulever des charges lourdes est dangereux : c’est dangereux uniquement quand on ne sait pas ce qu’on fait. 

Il y a aussi tout l’aspect de la nutrition et des traitements sportifs qui entrent en ligne de compte ; c’est important si tu veux bien performer. Ce n’est pas le genre de sport que tu devrais essayer d’apprendre par toi-même. 

 

Barbelle : Quelle est LA chose qui te permet de rester aussi motivée que tu l’es.

Émilie : Moi, ce qui me motive, c’est de me surpasser.  C’est la première fois dans ma vie que je me sens vraiment à ma place. C’est aussi la première fois que j’ai autant de confiance par rapport à ce que je suis capable d’accomplir. Avant d’arriver au gym où je suis présentement, je m’entrainais avec des gars qui étaient tous moins forts que moi. Ça ne me poussait pas en dehors de ma zone de confort et ça ne me permettait pas d’atteindre mon plein potentiel. Quand je suis arrivée ici (à mon gym actuel), j’ai vraiment compris qu’il fallait que je démontre que je voulais me surpasser pour qu’on me prenne au sérieux et que je fasse mes preuves pour qu’on m’intègre en tant qu’athlète. J’ai réalisé que les seules barrières que j’avais, c’était moi qui avait la capacité de les faire tomber. J’ai compris que je pouvais me voir au même niveau que les autres athlètes si j’étais prête à vraiment m’investir. 

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