Pourquoi une cure de média sociaux est probablement la chose la plus adulte et saine que tu puisses faire?

Récemment, le weekend dernier, j'ai été forcée de prendre une pause de média sociaux. 

72 heures de plus pour être plus spécifique.

Tout ça, parce que j'avais malencontreusement "égaré" mon cellulaire durant mon déménagement. Même en me sachant lunatique de nature, vas savoir comment j'ai possiblement réussi un exploit de la sorte. Mais bref, c'est arrivé. 

Avec tout l'espoir du monde de retrouver mon cellulaire qui manquait à l'appel en déballant des boîtes et en ratissant mon ancien ET mon nouvel appartement, je me suis évidemment retrouvée contrainte, pour la toute première fois depuis...bah, toujours, de me déconnecter de la civilisation moderne. De surcroît, le wifi ne serait installé qu'en début de la semaine suivante. De dire que d'être débranchée en 2017 est similaire au sentiment qu'une naufragée aurait ressenti sur une île déserte n'est même pas exagéré. 

Parce que, privée de téléphonie, de wifi et de données cellulaires, c'est vivre dans un tout autre monde. À des milliers de kilomètres web de tout le monde. 

Même ma mère a paniqué. C'est que ne répondant pas à ses messages textes et à en juger par l'absence de publication sur mon blogue et ma page Facebook, elle en a déduit que j'étais probablement compromise par un grand danger ou que quelque chose m'était arrivé. Et c'est un bon réflexe en soi; un peu exagéré, mais bon, c'est une maman. Prise d'angoisse, elle a même envoyé mon père directement au travail de mon copain pour obtenir plus d'informations sur ma soudaine disparition inquiétante du monde virtuel. La grosse histoire, là!

Rigolo en soit, parce que, tout ce que j'ai fait c'est de disparaître du monde des médias sociaux pendant 72 "longues" heures. 

J'ai décidé de me permettre de prendre le weekend pour vaquer à mes occupations avant de me procurer un nouveau cellulaire. De toute façon, qu'est-ce que je pouvais vraiment faire de plus? Quelques emails qui seront répondus le lundi, une ou deux appels manqués, pas de post Instagram..sérieusement, ça change vraiment quelque chose dans la vie de quelqu'un que je prenne une pause? Bon, ok elle n'était pas volontaire, certes, mais tu vois ce que je veux dire. 

J'ai pu observé trois phases dans cette "cure" médiatique :

Phase 1 : L'angoisse

Le jour 1 est définitivement marqué par un sentiment constant d'anxiété. Tu fouilles tes poches et ton sac à main furieusement en quête de ton téléphone et tu lances même à ton copain "Texte-moi ce que tu veux manger pour souper" comme si tu avais encore ton cellulaire greffé à la main. Tu te sens comme si tu manquais tout ce qui se passait dans le monde et comme si tu étais terriblement isolée, voir même en danger. Soudainement, on dirait que tu est handicapée parce que tu n'as plus accès à GoogleMap pour te guider à un nouveau resto où tu vas rejoindre des amies, tu n'as plus directement de lien avec ton application bancaire en ligne, ni tes emails...Tu deviens indisponible et impuissante. Comment tu peux faire quoi que ce soit SANS cellulaire, après tout?

Phase 2: L'acceptation

Le lendemain, au jour 2, tu es comme toute reposée. Tu te sens légère d'esprit, pas stressée pour deux sous. Tu as courageusement accepté le fait, en allant au lit la veille, que tu n'ouvrirais pas tes yeux devant ton fils d'actualité Instagram et que tes emails n'occuperaient pas tes premières pensées matinales, et bah, c'est quasi agréable tout compte fait. 
De toute façon, tu n'as pas le choix. Peu de gens savent à quel point les cellulaire et les réseaux sociaux, cette façon de nous rendre disponible 24/24 et de devenir des épieurs du 24/24 des AUTRES pèsent lourd quand il est question de gestion du stress. C'est un boulet qu'on traîne du matin au soir et c'est aussi vraiment vraiment addictif. Ne sois pas gênée de l'admettre; nous sommes toutes accro malgré nous et la techno nous tient. 

Attention, je ne suis PAS contre les médias sociaux et encore moins Internet; ça apporte beaucoup plus de positif que de négatif. Ça créer des communautés - comme celle de Barbelle - ça nous fait tisser des liens avec des gens qu'il ne nous serait jamais possible de rencontrer dans notre quartier ou même notre pays, ça nous permet d'obtenir tellement tellement d'informations sur un paquet de sujets passionnants et surtout, ça démocratise l'information. Out de nous faire dire quoi penser par la radio, la télévision ou les journaux; les Internets, c'est NOTRE espace commun. 

Sauf que, on ne peut pas ignorer qu'il y a aussi le danger de se faire avaler tout rond dans cet univers captivant-là. Et nos corps, nos esprits humains, eux, ne sont pas fait pour la vie artificielle.

Phase 3 : Cellu-quoi?

Au jour 3, tu es pleinement adaptée au fait d'être une véritable vagabonde. Personne ne sait où tu es, ce que tu fais, comment tu vas et c'est étonnement VRAIMENT agréable. Tu te sens juste libre. Et surtout, tu décompresses à fond; si quelqu'un appelle, ils laisseront un message. Plus de bourdonnement dans les oreilles, plus de stress d'avoir reçu 10 emails, de devoir aller répondre à 6 commentaires sur ta publication Instagram. Plus de pression. ZEN LIFE.


Je veux dire, je pense qu'on est trop accoutumées d'avoir tout à porter de main en une fraction de seconde qu'on se mets aussi la pression de redonner l'attention qu'on peut recevoir en un rien de temps. 

Relaxe, tu n'es pas une machine, et surtout, tu n'es pas TENUE d'être dispo 24/24. Prendre une pause de médias sociaux, même si c'était un accident, ça m'a vraiment aidée, pendant 72 heures à être dans le moment présent plutôt que d'être semi absorbée dans le monde parallèle des Internet et seulement à moitié impliquée quant à ce qui se passait sous mes yeux, dans la vraie vie, avec des vraies gens. 

Toi, prendrais-tu une pause de médias sociaux pendant 72 heures? L'as-tu déjà fait? Qu'as-tu remarqué?