Pourquoi les médailles de participation devraient toutes finir à la poubelle

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Quand j'étais enfant, j'ai eu la chance de pouvoir testé une panoplie de sports.

À l'époque, c'était pour moi un supplice parce que je ne me suis jamais VÉRITABLEMENT intéressé aux sports. Moi, mon truc, c'était le dessin, la peinture, le théâtre. Je détestais transpirer, avoir mal aux jambes et encore plus être essoufflée. J'étais (et je suis toujours d'ailleurs) une artiste dans l'âme qui ne réussissait tout simplement pas à comprendre ce qu'il y avait de stimulant dans le fait de pourchasser une balle, une rondelle ou un ballon. À mes yeux, c'était abrutissant et sans substance (j'étais un peu bourgeoise du haut de mes 7 ans, comme tu peux le constater).

Mais, mes parents trouvaient très important que moi et mes frères soyons actifs. Aujourd'hui, dans mes yeux d'adulte, je constate à quel point c'est admirable qu'à chaque saison, mes parents s'assuraient de nous inscrire tous les trois à une activité sportive de notre choix. J'ai besoin de tous mes doigts pour compter les sports auxquels j'ai pris part entre 4 et 17 ans :  danse, soccer, patinage artistique, ski alpin, cheerleading...C'était une priorité financière pour eux. Qu'on le voulait ou pas, été comme hiver, il fallait bouger. Et ça, c'est remarquable ! Et tranquillement, j'ai apprivoisé le sport.

Même si je n'étais pas de nature sportive, j'ai toujours été de nature compétitive. Et, en fait, je pense que c'est exactement ce qui m'a poussé à apprivoiser lentement, mais sûrement, l'activité physique. C'est cet amour de tout risquer pour sortir vainqueur (ou perdante) qui me faisait oublier que j'avais chaud ou bien que mes jambes faisaient mal. L'adrénaline provoquée par le sport est indéniable, même chez les enfants, mais j'avais aussi cette drive qui sommeillait en moi  et qui, vraiment, n'aurait jamais pu être relâchée si je n'avais pas été exposé à l'environnement compétitif des sports d'équipe aussi jeune.

Et pour ces raisons, je fais réellement le pont entre le fait d'avoir pris part à plusieurs sports étant jeune et l’adulte devenue entrepreneure que je suis aujourd’hui. Je dirais que c’est surtout le fait d’avoir appris à gérer autant la victoire que la défaite qui m'a aidé à devenir une adulte qui connaissait ses forces, ses faiblesses et ses capacités. D’apprendre à donner mon meilleur, tout en acceptant que ça puisse ne pas être suffisant dès mon plus jeune âge m'a entraîné à faire face à la dure réalité de la vie : ce n'est pas toujours juste. Il y a des gagnants, et il y a des perdants. Parfois on réussi, et parfois ce n'est pas le cas.

Je me souviens de la première(et seule) fois où j’ai reçu une médaille de participation. Le soccer, ça ne me plaisait pas. Pas d’un poil. Je pense que c’est surtout parce que je savais que je n’y étais visiblement pas douée. Bref, j’avais 7 ans et à un tournoi local, ma petite équipe s’était écroulée au bas du classement. Je me souviens avoir ressenti plus de honte quand on a mis cette médaille de participation autour de mon cou et qu’on m’a forcé à monter sur une scène improvisée avec mon équipe pour une photo que quand on s’est fait scoré 6 buts dans notre filet. Je savais que j’avais « perdu ». En fait, je gérais : « C’est pas grave, maman, on aura l’été prochain! » Jusqu’à ce qu’on me force à porter hypocritement une « fausse » médaille (ce sont les mots que j’utilisais) au dos de laquelle était engravés le mot fatidiques : PARTICIPATION. 

À mon retour chez moi, j’ai enfoui la médaille dans une boîte et je l’ai enterrée sous un tas de jouet dans mon garde-robe pour être certaine qu’aucune de mes amies tombent dessus. « Participation », pfff! La honte! Les enfants savent départir dès un jeune âge les perdants des gagnants, et à mes yeux, il n'y a avait rien de PIRE que de prétendre que j'étais une gagnante alors que j'avais lamentablement perdu un tournoi. Je n’étais pas une enfant particulièrement « tough ». J’étais assez sensible, au fait. Mais, les enfants ont aussi une fierté ; ils possèdent un ego. Je ne voulais pas être prise en pitié, je voulais gagner. Et s’il y a quelque chose de pire que de perdre, c’est d’avoir une accolade pour avoir perdu. Du haut de mes 7 ans, j’étais loin d’être dupe. La médaille de participation ne souligne pas réellement l'effort : tous les enfants ont fourni des efforts. La médaille de participation, selon moi, dévalorise les performances au sommet pour ne pas brimer ceux au bas du classement.

À ce jour, j'aurais encore de la difficulté à bien sizer comment me comporter si on me déguisait en gagnant.

Je sais déjà que certaines d'entre vous seront en désaccord avec moi. Et je suis totalement ouverte à discuter avec vous ci-bas, dans les commentaires ! Tout le monde peut avoir un point de vue divergent, mais, selon ma propre expérience, perdre m'a prouvé à quel point je voulais gagner. Perdre m'a aidé à baisser la tête et faire le travail nécessaire. Perdre m'a aidé à être humble. Perdre m'a montré qu'on n'en meurt pas. 

 

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